« Est-ce que tout le monde est bien ? », « Est-ce qu’il va mal parce que j’ai dit ça ? », « Je vais faire attention à ne pas froisser », « Je vais calmer la situation »…Si ces phrases résonnent en vous, c’est peut-être que vous portez, sans toujours vous en rendre compte, une charge émotionnelle importante.
Il s’agit de la responsabilité implicite (ou explicite) de gérer les émotions des autres, d’assurer le climat émotionnel de son entourage, d’absorber les tensions, de calmer les conflits, d’être l’écoute, le soutien, le « tampon » de tout le monde. Et bien souvent, cela s’ajoute à toutes les autres responsabilités.
Dès l’enfance, on apprend aux filles à être gentilles, empathiques, à prendre soin des autres, à ne pas faire de vagues. Résultat : à l’âge adulte, beaucoup de femmes deviennent expertes en gestion émotionnelle… mais au détriment d’elles-mêmes.
Vous ressentez de la culpabilité quand quelqu’un est mal, même si vous n’y êtes pour rien.
Vous passez beaucoup de temps à analyser les émotions des autres, à deviner ce qu’ils pensent ou ressentent.
Vous avez du mal à exprimer vos propres émotions, parce que vous priorisez celles des autres.
Vous vous sentez vidée après certaines interactions sociales.
Vous êtes souvent celle qui « gère », « calme », « comprend »… mais peu de gens prennent soin de vous en retour.
1. Reconnaître que c’est une charge. Nommer ce que vous vivez est le premier pas pour le transformer. Ce n’est pas « normal » de devoir toujours tout absorber.
2. Apprendre à dire non… sans culpabilité. Dire non, c’est dire oui à soi. Refuser d’être toujours disponible émotionnellement, c’est se protéger.
3. Se détacher de la responsabilité du bien-être des autres. On peut soutenir, écouter, mais on n’est pas responsable des réactions ou émotions des autres.
4. Créer un espace pour ses propres émotions. Écrire, parler à une amie, consulter un·e thérapeute… Vos émotions méritent autant de place que celles des autres.
5. Redéfinir ses relations. Des relations saines sont réciproques. Si vous donnez beaucoup, il est normal de recevoir aussi.
Porter la charge émotionnelle, c’est devenir le pilier invisible des autres. Mais à force de tout porter, on s’oublie. Il est temps de reconnaître cette charge, de poser ses limites, et de se choisir. Parce que vous aussi, vous méritez d’être entendue, soutenue… et tranquille.
Écrit par le Centre des Femmes Montréal-Est/Pointe-aux-Trembles
Dernière mise à jour : 30 avril 2025