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  • Anne Roy-Binette

L’avortement | Un droit jamais vraiment acquis

Le matin du 24 juin 2022, la première chose que je vois en ouvrant mon cellulaire est un article supprimant le droit fédéral à l’avortement: « la Cour suprême des États-Unis abroge l’arrêt Roe v. Wade ».


L’avortement demeure à ce jour un sujet hautement débattu partout à travers le monde. Le contrôle du corps des femmes est toujours sujet d’actualité que ce soit pour ses attributs physionomiques au goût du jour ou encore pour légiférer les droits qu’une femme possède sur ce dernier.


Criminalisée jusqu’en 1988 au Canada, la Cour suprême du Canada a invalidé la loi qui fut jugée inconstitutionnelle légalisant ainsi l’avortement. Néanmoins, il ne faut pas confondre l'égalité et le droit inhérent à l’avortement.


Ainsi, la Cour suprême du Canada n’a pas déclaré que l’avortement était un droit inhérent aux femmes en vertu de la Charte des droits et libertés, mais bien que la loi criminalisant cette dernière allât à l’encontre de la Charte légalisant ainsi cette procédure médicale.


Bien que légal, l’avortement n’est pas aisément accessible dans toutes les provinces. Par ailleurs, c’est seulement depuis 2008 que les services d’avortements sont gratuits et entièrement financé par l’État (sous la présentation d’une carte d’assurance maladie valide).


Au Québec, deux méthodes d’avortement sont disponibles :

  • L’avortement par instrument, qui est une intervention mineure de moins de 10 minutes;

  • L’avortement par médicaments (approuvé par Santé Canada depuis 2015) qui consiste en la prise de médicaments (une combinaison de mifépristone et misoprostol) provoquant l’arrêt et l’expulsion de la grossesse (jusqu’à 9 semaines de grossesse).


Qu'est-ce que veut dire « pro-choix » et « pro-vie »?


C’est entre deux camps, « pro-choix » et « pro-vie », que se divisent les opinions sur la place publique. L’un revendiquant le droit des femmes, sur le plan politique et éthique, à détenir le pouvoir et le contrôle sur leur corps à l’égard de leur fertilité et de leur grossesse et l’autre comme « défenseur » du droit à la vie en s’opposant au droit à l’avortement.


Le mouvement « pro-vie » est particulièrement soutenue par divers mouvements religieux et fait appel au droit à la vie pour contester le droit à l’avortement, priorisant le droit à la vie du fœtus sur celui de la personne portant ce dernier, indépendamment des risques parfois encourus pour la santé physique et l’intégrité de la personne concernée.


L’appellation « pro-choix » soutient quant à elle l’autonomie corporelle de toutes les femmes et les personnes trans et non binaires de choisir si et quand elles veulent des enfants. Être pro-choix c’est défendre l’accès libre et gratuit à l’avortement, mais aussi à la contraception et à l’éducation sexuelle. Il s’agit de reconnaître l’autonomie et le droit inhérent d’une personne à choisir de disposer de son corps comme elle l’entend et d’avoir accès à de l’information juste et fiable sans jugement et dans le respect.


Ainsi, l’avortement est un droit jamais vraiment acquis et qui est constamment contesté, même ici au Canada. Les récents événements survenus chez nos voisins américains, où plusieurs États ont recriminalisé l’avortement, contribuent à souligner l’importance de continuer à lutter pour les droits des femmes, et des personnes trans et non binaires à détenir l’autonomie sur leur corps.

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